Partir seule

Partir seule

À l’instant où j’écris ces lignes, je suis seule dans ma chambre d’hôtel à Loèche-les-Bains. Je suis ici pour un séjour de 4 jours, 3 nuits.

Pour remettre le contexte, je suis maman d’un petit garçon de bientôt 3 ans, mariée, « mère au foyer » et indépendante pour différentes activités professionnelles.

L’année passée, au mois d’avril, au pic de mon mal-être (dépression post-partum certainement), ma psychologue m’a suggéré de partir quelques jours seule. J’ai profité du week-end de Pentecôte pour partir deux nuits à Châteaux-d’Oex afin de penser à rien d’autre qu’à moi, aller me promener, me reposer, regarder mes séries. Pour la petite anecdote, c’est durant de ce week-end que nous avons trouvé le mot « Parentalescence » avec Yasmine et que tout est devenu plus concret 🙂
Cette pause m’a fait énormément de bien car je vivais à mon rythme, mangeais, dormais, sortais quand je voulais. Pas besoin de faire à manger, de ranger la maison, etc.

Cette année, je profite que mon mari soit en vacances pour prendre ces quelques jours. J’ai eu la remarque « Mais, vous ne faites pas des vacances ensemble ? C’est quand même bizarre de partir seule quand on a une famille… ». Oui, mais non ! Je ressens ce besoin d’être SEULE, de pouvoir me reposer, penser à rien, faire ce dont j’ai envie sans horaire, sans attendre que tout le monde soit prêt, sans but, etc. Bien sûr que mon homme n’a pas des tonnes de semaines de vacances, mais je ne crois pas qu’il soit malheureux d’être 4 jours avec son fils ! Je trouve au contraire cette expérience géniale. D’habitude je suis toujours là 24h/24 et je trouve que c’est bénéfique pour tous les deux que je ne sois parfois pas là ! J’ai aussi fait plusieurs fois des petits séjours seule avec mon fils, et mon mari était tout content de se retrouver au calme à la maison. Lui, par exemple, ne ressent pas forcément le besoin de partir, mais il est content quand il peut jouer à la Playstation tout à un week-end, manger des popcorns et boire de la bière ^^

Je comprends complètement que cela puisse faire peur de partir seule, de faire des activités seule, manger seule à une table, dormir seule, etc. Et je pense qu’il faut le faire uniquement si on en ressent le besoin et que l’on pense (ou sait) que le résultat sera bénéfique !
Il y a quelques années, je trouvais bizarre de m’asseoir à un resto et manger seule. Je me préoccupais du regard des gens. Mais au fil du temps je me suis dit qu’il y avait beaucoup d’autres personnes qui étaient seules à table, qu’on ne savait pas pourquoi (par envie, pour le travail, célibataire, solitaire, etc.) et que finalement chacun faisait ce qu’il voulait ! Je ne vous cache pas que le petit diablotin sur mon épaule me fait encore la remarque « Que vont penser les gens ? Justifie pourquoi tu es seule, etc. ». Je regarde ces remarques passer, et reprends ma lecture (car oui j’ai toujours un livre avec moi).

Partir seule, cela veut aussi dire réussir à quitter quelques jours son-sa partenaire, ses enfants. Cela aussi il faut, à mon sens, le faire quand on se sent prête et commencer par une journée, une nuit, etc. Bien sûr, mon mari et mon fils me manquent, mais je sais que je vais rentrer remplie de bonnes énergies et que « le jeu en vaut la chandelle ». Je ne m’empêche pas de les appeler, de demander des nouvelles, car pour moi le but n’est pas non plus d’être complètement isolée. En revanche, je coupe les réseaux sociaux et whatsapp (et ça, aussi étonnement que cela puisse me paraître, ça ne me manque même pas !)

Cela implique aussi une certaine organisation : est-ce que je pars quand mon-ma partenaire est en vacances et j’accepte de ne pas profiter de son congé ensemble ? Est-ce que j’ai une personne de mon entourage qui peut garder mon-mes enfant-s pendant quelques jours ? Je suis la première à penser que tout ça nécessite une montagne d’organisation et j’ai dû faire ce travail sur moi pour réussir à lâcher prise et à partir sans tout contrôler. Je sais plus ou moins ce que mes hommes ont fait cette semaine, je ne sais pas ce qu’ils ont mangé (ni s’ils ont mangé^^), si mon fils était « correctement » et suffisamment habillé, si son papa a préparé les « bonnes » affaires pour sortir, etc. Je mets ces mots entre guillemets car ce sont mes critères et je me rends bien compte qu’ils sont subjectifs ! Cela m’a vraiment pris du temps à réussir à lâcher. Il y a une année je n’en aurais pas été capable. Mes thérapies, mon traitement médicamenteux y sont certainement pour beaucoup, mais je pense aussi que je me suis rendu compte du bénéfice de lâcher ce genre de chose, de m’ôter une part de charge mentale et surtout de faire confiance ! J’ai toujours fait confiance à mon mari et c’est un papa extraordinaire, mais j’avais toujours l’impression de devoir tout contrôler derrière etc. (ça m’arrive encore parfois^^) Mais je me rends bien compte que le monde continue de tourner sans moi et HEUREUSEMENT !

Si j’arrive à partir seule quelques jours c’est aussi parce que je sais qu’il est avec son papa et pour moi c’est comme s’il était avec moi. Peut-être serait-ce différent si je partais et le laissais à de la famille ou des amis très proches (quoique, hein Prisc ;-)) À tester j’ai envie de dire !

Tout cela pour dire que tu as le droit d’avoir cette envie, ce besoin de te retrouver seule pour une matinée, un après-midi, une soirée, une journée, une nuit, un week-end, une semaine ou plus ! Non tu n’es pas une mauvaise mère/un mauvais parent, personne n’a le droit de t’en faire douter, de te faire culpabiliser. Oui tu as le droit de partir quand ton-ta partenaire et en vacances, même si ça fait que vous ne passez pas ces moments de congé ensemble. Non tu n’as pas besoin de te justifier, de justifier ton état émotionnel, psychique, physique pour partir. Tu peux aller très bien et avoir envie/besoin de partir, tout comme tu peux être au bord du craquage et ce moment en solo sera une bouffée d’oxygène. Tes raisons t’appartiennent, toi seule sais ce qui est bon pour toi.

Certaines personnes ne comprendront pas ton choix, cela leur appartient. Tant que toi et ton-ta partenaire êtes en « accord » avec cela, c’est l’essentiel (il ne faudrait pas que ton-ta conjoint-e te le reproche quelques temps plus tard…)

Si l’envie te titille, je n’ai qu’un conseil à te donner OSE ! Et si c’est une trop grande étape de partir seule, prends un-e ami-e avec toi 😉 Et surtout, ne dit-on pas « Partir pour mieux revenir » ? 😉

Prends soin de toi

Julie

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Interruption Volontaire de Grossesse

Interruption Volontaire de Grossesse

En Suisse, tu as le droit d’interrompre ta grossesse, si cette dernière est imprévue ou non désirée ou si ton bébé ou toi-même présentez des risques d’atteinte à votre santé.

Selon l’art. 119 du code pénal :
“L’interruption de grossesse n’est pas punissable si, sur demande écrite de la femme qui invoque qu’elle se trouve en situation de détresse, elle est pratiquée au cours des douze semaines suivant le début des dernières règles par un médecin habilité à exercer sa profession. Le médecin doit au préalable s’entretenir lui-même de manière approfondie avec la femme enceinte et la conseiller.”

L’interruption médicamenteuse est pratiquée jusqu’à la septième semaine de grossesse. Dans de nombreux hôpitaux ou cabinets médicaux, tu recevras le médicament jusqu’à la neuvième semaine. Renseigne-toi ! Cette méthode nécessite la prise de deux médicaments, à prendre dans un intervalle de 36 à 48 heures. Selon les pratiques locales, tu peux prendre les deux médicaments au cabinet médical, à l’hôpital ou chez toi.

Dans des cas très rares, l’expulsion du fœtus par voie médicamenteuse peut être incomplète et nécessiter une intervention chirurgicale. Un contrôle après le traitement est donc indispensable.

Jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée, l’OMS recommande la méthode médicamenteuse qui est moins invasive.

L’interruption de grossesse chirurgicale ou curetage a lieu sous anesthésie complète ou partielle. Quelques hôpitaux et cabinets médicaux proposent également une anesthésie locale. L’intervention est pratiquée à l’hôpital (en ambulatoire ou avec hospitalisation si nécessaire) ou dans un cabinet médical spécialement équipé pour cela.

Lors de l’intervention, le ou la médecin dilate avec précaution le col de l’utérus de quelques millimètres. Ceci permet d’insérer une canule et d’aspirer le contenu de la cavité utérine.

L’interruption de grossesse chirurgicale est une méthode sûre et les complications sont rares. Les possibles complications sont :
• lésions du col de l’utérus et/ou de la paroi utérine
• infections, saignements abondants, caillots de sang (thrombose)
• aspiration incomplète nécessitant une seconde intervention.

Que ce soit par la méthode médicamenteuse ou par curetage, outre les douleurs physiques, une interruption de grossesse peut entraîner des souffrances psychologiques. Cela peut être traumatisant de devoir expulser son fœtus, de le voir, de « ne pas savoir qu’en faire », etc. même en étant convaincue de ta décision initiale. C’est pour cela que nous te conseillons fortement de te faire accompagner, par des gens de confiance (partenaire, famille, ami-e-s, etc.) et/ou de professionnel-le-s, durant ce processus.

Pour les filles et jeunes femmes (de moins de 16 ans) : avant l’interruption de grossesse, un entretien dans un centre de consultation reconnu est obligatoire (article 120 du code pénal suisse). Dans la plupart des cantons, il s’agit des centres de santé sexuelle et planning familial.

Les centres de conseil en matière de grossesse s’occupant spécifiquement des jeunes sont là pour t’accompagner dans toutes tes démarches. Ils te soutiendront dans tes décisions. Les conseils sont gratuits. Toutes les personnes travaillant dans ces centres sont tenues au secret professionnel. Toi seule décides si tu souhaites informer tes parents ou d’autres personnes. Il est bien sûr préférable d’en parler à tes parents qui peuvent être d’un grand soutien dans les situations difficiles.

Lors de ton entretien avec la ou le professionnel-le du centre, cette personne
• s’assurera que tu es capable de discernement,
• s’entretiendra avec toi de ta situation personnelle et familiale,
• examinera avec toi les solutions possibles,
• clarifiera la nécessité d’une protection et, le cas échéant, estimera les mesures nécessaires à prendre.

Les partenaires sont eux aussi les bienvenus dans les centres de consultation en santé sexuelle, même si la loi stipule que seule la femme décide. Ils peuvent parler de leurs expériences, de leurs sentiments et de leur rôle dans la prise de décision en cas de grossesse non désirée. Une consultation individuelle est également possible, à leur demande.

Conformément à la loi fédérale sur les centres de consultation en matière de grossesse, la femme enceinte et son entourage ont droit à des conseils et un soutien gratuits dans un centre de santé sexuelle et planning familial. Et ceci, quelle que soit la décision qui sera prise (loi fédérale RS 857.5).

Les coûts d’une interruption de grossesse sont pris en charge par l’assurance maladie obligatoire (LAMal) aux mêmes conditions que la maladie (10% de participation aux coûts et franchise).

Nous pensons très fort à toi, que ce choix soit difficile ou non. N’oublie jamais que ton corps t’appartient et toi seule a le droit de prendre cette décision.

Liste des liens dont ces informations sont tirées et qui peuvent t’apporter des précisions :
https://www.sante-sexuelle.ch/themes/grossesse-voulue-non-voulue/interrompre#interruption-de-grossesse-medicamenteuse-avec-expulsion

https://www.chuv.ch/fr/dfme/dfme-home/femme-mere/consultations/medecine-psychosociale/interruption-de-grossesse

https://www.hug.ch/sante-sexuelle-planning-familial/interruption-de-grossesse

Julie

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Expression abdominale

Expression abdominale

Comme tu le sais, nous ne sommes pas des pros de la santé, notre souhait ici est de t’informer de “tout” ce qui existe.

L’expression abdominale fait partie de ces violences obstétricales que beaucoup de femmes subissent encore et souvent, sans avoir eu leur mot à dire !

Nous te présentons ici succinctement cette manœuvre et t’invitons à te renseigner et/ou à en parler avec les professionnel-le-s qui t’entourent pour être informée et pouvoir, par exemple, inscrire dans ton projet de naissance ton souhait par rapport à cela.

N’oublie pas, le savoir c’est le pouvoir 😉

“L’expression abdominale est définie comme l’application d’une pression sur le fond de l’utérus avec l’intention spécifique de raccourcir la 2ème phase de l’accouchement, période allant de la dilatation complète du col de l’utérus à la naissance de l’enfant par les vois naturelles.” Définition tirée du site de la Haute Autorité de Santé française

Cette manoeuvre est controversée, du fait des risques qu’elle comporte. De plus, elle est très souvent (voir toujours) mal vécue par la patiente et son entourage sur le moment et après l’accouchement. Cela créé en effet un stress physique et psychique.
Parmi les risques fréquents : douleurs abdominales persistantes après l’accouchement, ecchymoses abdominales.
Et plus rarement : fractures de côtes, lésions périnéales.

Quelles que soient les raisons de cette éventuelle manoeuvre lors de ton accouchement, n’oublie JAMAIS que l’on DOIT te demander ton consentement !

Julie

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Bliss bump

Bliss bump

Bliss Bump est le premier programme audio d’accompagnement à la grossesse.
Il a été créé par Clémentine Galey, fondatrice du célèbre et incroyable podcast Bliss.Stories.

Il est composé de 10 contenus audio inédits qui ont pour but d’informer et de rassurer. Dans le programme, tu trouveras aussi un livret Grossesse pour suivre les grandes étapes, mois après mois.

Grâce à ce super programme, tu auras accès à une montagne de renseignements pour répondre aux doutes et questionnements que tu pourrais avoir. En effet, la grossesse, en dehors de la joie qu’elle apporte (ou pas), peut aussi susciter aussi beaucoup d’inquiétudes et d’angoisses.

Le livret, lui, contient des tips, lectures, musiques, bons gestes, to do list, recommandations et plein d’autres choses auxquelles tu n’aurais pas forcément pensé.

“Clémentine a pensé à ce qu’elle aurait aimé qu’on lui dise quand elle était enceinte. Elle a construit ces épisodes comme un voyage, pour vivre dans le corps et dans la tête d’une femme enceinte et lui murmurer à l’oreille ce qu’il va se passer mois après mois.”

Bliss Bump c’est LE guide pratique qui réunit un concentré de savoirs, de connaissances et de good vibes, pour t’accompagner du début à la fin de ta grossesse !

Cours te le procurer : https://shop.bliss-stories.fr/products/bliss-bump-grossesse

Julie

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Chère culpabilité

Chère culpabilité

Chère culpabilité…

Je te connais depuis longtemps, mais on est devenues très proches depuis la naissance de mon fils.
Tu viens m’embêter quand je n’ai pas envie de jouer avec mon fils.
Tu me ris au nez quand mon p’tit loup se fait mal ou tombe malade et que j’aurais pu “l’en empêcher”.
Tu me regardes de travers quand je l’amène au jardin d’enfants alors que je ne vais pas toujours travailler.
Le pire, c’est lors des repas ! Tu n’arrêtes pas de me faire douter de mes choix, de l’équilibre de mes repas.
Tu t’immisces en moi lorsque je perds patience et que je me transforme en dragon, que je dis dès choses que je ne penses pas.
Tu es là, silencieuse, quotidiennement, à me faire douter de ma présence et mon implication suffisantes auprès de mon enfant.
Je sais que tu peux être positive quand on apprend à t’apprivoiser. Si tu es saine, tu peux me permettre de prendre mes responsabilités et de corriger mes actions.
J’apprends à vivre avec toi, à voir ton côté positif, à m’excuser lorsque je suis allée à l’encontre de mes valeurs, à t’envoyer valser quand tu es trop présente et surtout à faire toujours de mon mieux et à être fière de la maman que je suis pour mon fils, car je suis celle dont il a besoin.

Julie

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